Terreur en Erythrée

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) est profondément préoccupée par la persistance de la terreur que fait régner sur la presse indépendante, le régime au pouvoir en Erythrée. Une quinzaine de journalistes y sont détenus sans jugement depuis bientôt 5 ans dans des lieux tenus pour la plupart secrets et tous les organes de presse privée ont été fermés.

« Nous n’avons aucune nouvelle de ces journalistes et nous n’avons pas d’information indiquant que leurs familles ou des organisations ont pu leur rendre visite ou avoir de leurs nouvelles. » a confié à la FIJ une source en Eyrthrée.

En Septembre 2001, une dizaine de journalistes ont été arrêtés en même temps que des leaders de l’opposition. Les autorités érythréennes ont réprimé de cette façon, les appels à la démocratisation lancés par des opposants et relayés par la presse indépendante. Il est par contre officiellement reproché aux journalistes d’être des « traîtres au service de l’ennemi » et de constituer une menace pour la sécurité nationale. Depuis lors, seul le suédo-érythréen Dawit Isaac a pu donner de ses nouvelles grâce à une libération qui n’a duré que deux jours en Novembre 2005 pour des soins médicaux, selon les autorités. Les autres n’ont pu communiquer ni avec leurs familles ni avec leurs avocats, et aucune information ne précise leur lieu de détention ou leur état de santé. C’est aussi le cas de cinq autres journalistes arrêtés avant la vague de répression de 2001, et qui pour certains, selon des sources officielles, seraient en train « d’effectuer leur service militaire ».
« L’Erythrée est le seul pays au monde où il n’y a pas de presse indépendante et de correspondants étrangers. Cette violation extrême de la liberté d’expression perdure depuis pratiquement 5 ans et rien ne fait fléchir le pouvoir d’Asmara ; mais c’est surtout le black out sur la situation des journalistes détenus, qui nous inquiète sérieusement » a déclaré Gabriel Baglo, le directeur du Bureau Afrique de la FIJ.

« Nous interpellons l’Union Africaine afin qu’elle engage des discussions avec le président Isaias Afwerki pour faire libérer tous les journalistes illégalement détenus et rétablir la liberté de la presse » a
ajouté M. Baglo.

 

La FIJ demande la relaxe immédiate de 15 journalistes détenus au secret en Erythrée
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La FIJ représente plus de 500 000 journalistes dans plus de 110 pays