Les médias réprimés gravement en Gambie depuis 1994

Depuis l'avènement du gouvernement militaire mené par le lieutenant Yahya Jammeh en juillet 1994, les médias en Gambie ont été témoins de diverses formes de répression et d'intimidation. Pendant les 12 dernières années les journalistes gambiens, plus particulièrement ceux qui travaillent pour les médias privés, ont été l’objet d’ attaques d’incendies criminels, des arrestations et détentions arbitraires, des détentions sans charge, des harcèlements et intimidations par les forces de sécurité (plus particulièrement les services secrets gambiens NIA), des tortures et les brutaux assassinats de deux journalistes. En plus de ces actes drastiques, les médias en Gambie ont également été confrontés à des législations répressives  telles que l’infâme loi sur la commission nationale des médias, National Media Commission Act, qui sont fondamentalement conçues par le gouvernement pour briser les ailesaux  médias en Gambie. Il y a également des amendements faits au code pénal, qui criminalise les offenses en rapport avec la liberté d'expression.
Comme résultats des brutales attaques sur les médias, la plupart des journalistes du pays ont été forcés de s’exiler ou d'abandonner leur profession sous la pression de leur famille, pendant qu'un certain nombre de journaux et de stations de radio ont été indéfiniment fermés par le gouvernement. Les attaques sur les médias ne cessent de s’intensifier. Ci-dessous des attaques sur les médias en Gambie depuis février 1998.

8 septembre 2009

Le domicile de la Présidente du Syndicat des Journalists Gambiens (GPU) a été visité par les forces de l’ordre qui apparemment étaient à la recherche de documents compromettants pour pouvoir la confondre, pratique qui avait été alors dénoncée par beaucoup d’organisations de défense des droits humains et de la liberté d’expression.
 30 juin 2009
La Cour de justice de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ayant examiné le dossier portant sur des cas de torture présenté par le journaliste gambien, Musa Saidykhan contre les agents de l’Agence nationale de Renseignements (NIA) a rejeté les objections préliminaires du gouvernement gambien, principal accusé de cette affaire.
En novembre 2007, Media Foundation for West Africa (MFWA) basée au Ghana a introduit le dossier de Saidykhan à la Cour en vue de lui rendre justice et d’apporter un soutien à beaucoup d'autres journalistes gambiens qui avaient subi le même sort et obligés de s’exiler par crainte de répression.
15 juin 2009
Sept journalistes ont été arrêtés et interrogés par la NIA suite à un communiqué publié par le Gambia Press Union (GPU), critiquant les propos humiliants du Président Jammeh par rapport à la mémoire du journaliste Deyda Hydara assassiné en 2004. Les sept journalistes dont la vice-présidente du GPU, Sarata Jabbi Dibba ont été accusés de diffusion d’informations séditieuses et de diffamation. Ont également été arrêtés :  Bai Emil Touray et Pa Modou Faal, tous deux membres du bureau exécutif du GPU ; Ebrima Sawaneh et Pap Saine du journal The Point, Sam Sarr et Abubacarr SaidyKhan du journal Foroyaa.
Juin 2009
Abdulhamid Adiamoh Directeur de publication du journal Today et Edouard Carayol rédacteur en chef ont été arrêtés suite à la publication dans l’édition de mercredi (quelle date ?) du journal d’un article faisant état du limogeage du Ministre de la Justice Marie Saine-Firdaus et d'autres hauts fonctionnaires du gouvernement. M. Carayol a été libéré sous caution ; tandis que M. Adiamoh est resté en détention pendant trois jours. Il a été inculpé pour diffusion de fausses nouvelles et condamné par la suite à payer une amende de  50,000 dalasis (USD 2,174) à défaut de purger une peine d’un an de prison.
 Février 2009
M. Pap Saine, Directeur de publication du journal The Point, a été encore arrêté lundi interrogé par l’Unité des Investigations Criminelles de la Police gambienne au sujet de sa nationalité.
9 février 2009
Pape Saine Directeur de publication du Journal The Point a été arrêté par les forces de police qui l'ont soumis à plusieurs heures d'interrogatoire avant de l’inculper de diffusion de fausses nouvelles et d’offense par l’Unité des Investigations Criminelles.
Septembre 2008
Arrestation d'Ousman Kagbo Directeur de Publication de Business Digest puis longuement interrogé par l'agence nationale de renseignements (NIA). Il a été libéré plus tard sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui.
Juillet 2008
Abdul Hamid Adiamoh Directeur de publication du journal Today a été arrêté, inculpé et condamné à payer une amende de 20, 000 dalasis  (USD865) à défaut purger une peine de 6 mois de prison pour défaut de paiement de la taxe relative à l’impôt sur le revenu.
Mars 2008
Buya Jammeh un journaliste travaillant pour le quotidien pro gouvernemental Daily Observer a été renvoyé par la Direction du journal quelques jours après son élection comme membre du syndicat (GPU). Buya a fait l’objet d’un chantage par le directeur général et directeur de publication, Dida Halake, qui lui a demandé de choisir entre son poste au journal et le syndicat. Buya décida de quitter le journal séance tenante.
Septembre 2007
L'attaché de presse auxiliaire de la Présidence, Mam Sait Ceesay ainsi que Malick Jones  producteur et présentateur à la radio d'État, ont été arrêtés par le NIA et détenus à la prison de Mile Two, à Banjul pour diffusion de fausses nouvelles. Ils ont été limogés de leurs postes respectifs avant que Malick Jones ne soit par la suite rétabli aux services de radio et de télévision de la Gambie (GRTS).
28 mars 2007
Fatou, Jaw Manneh, ancienne journaliste du Daily Observer résidant aux Etats-Unis a été arrêté par le NIA à son arrivée à l'aéroport international de Banjul. Elle était venue des Etats-Unis pour rendre visite à sa famille et rendre hommage à son père disparu quelques jours plus tôt. Elle a été accusée de sédition puis inculpée et condamnée à une amende de D250, 000 dalasis (USD 10, 869) pour éviter de purger une peine de deux ans en prison.
12 décembre 2006,
Baron Eloagu du journal privé Daily Express a été attaqué et battu, rappelant ainsi, l’agression sauvage de son collègue Abdougafar Olademinji, également du même journal ; et leurs agresseurs circulent librement.
Septembre 2006,
Dodou Sanneh, un journaliste de  la radio et la télévision de la Gambie (GRTS) qui couvrait la campagne de la coalition d'opposition menée par UDP a été relevé de ses fonctions et arrêté pour motif de  « reportage favorable à l'opposition ». Il a été libéré le lundi 27 septembre 2006 et licencié le même jour sans motif. Il fut réintégré plus tard avant d’être remercié à nouveau.
Juillet 2006
La disparition de Ebrima B. Manneh, journaliste du quotidien Daily Observer a été signalée par sa famille. Manneh a été vu pour la dernière fois le 7 juillet par ses collègues. Certaines sources indiquent qu'il est également aux mains de la NIA.
Mai 2006
Un certain nombre de journalistes et d’autres civils ont été arrêtés et détenus après avoir été accusés par les autorités d'être les "informateurs" d'un journal en ligne gambien basé aux Etats-Unis. Ceci a été fortement réfuté par le directeur de publication du journal, qui a indiqué que ceux dont les noms ont été publiés par le journal Daily Observer de Banjul et arrêtés par la NIA, étaient simplement des abonnés du site.

Toutefois, le journaliste Malick Mboob, un ancien journaliste du Daily Observer et chargé de communication du Royal Victoria Teaching Hospital, languit toujours dans les geôles de la NIA.

Musa Sheriff, journaliste libérien qui a été également arrêté par rapport à la publication des abonnés du site par le journal pro gouvernemental Daily Observer, a été sévèrement torturé par les agents de la NIA lors de sa détention. Omar Bah, ancien rédacteur en chef du Daily Observer a été déclaré RECHERCHE par l'inspecteur général de la police. L’endroit où il se trouve est inconnu.
10 Avril 2006
Lamin Fatty, journaliste de The Independent a été arrêté et mis en détention au siège de la NIA. Fatty a passé près de deux mois en prison avant d’être finalement accusé de "publication de fausse nouvelles". Il est actuellement en procès à la cour de la magistrature et il y a des craintes quant aux six mois d’emprisonnement qu’il risque s’il est coupable.
27/28 Mars 2006
Une autre répression contre le journal The Independant. Le rédacteur en chef, Musa Saidykhan, a été arrêté le 27 mars par les forces de sécurité. Cette arrestation a été suivie de celle de tout le personnel du journal, y compris son directeur de publication, Madi Ceesay. Les officiers de police ont également scellé le local qui abrite le journal. Alors que les autres agents ont été libérés après une brève détention, le rédacteur en chef et le directeur de publication sont emprisonnés. Après des semaines de captivité dans l’isolement ponctuées de torture physique systématique, les deux journalistes qui sont également le président et le vice-président du syndicat des journalistes de Gambie (Gambia Press Union), ont été libéré sous caution 22 jours plus tard. Leur arrestation était liée à la publication d'une liste de personnes suspectées d’avoir participé au coup d’état manqué du 21 Mars. Le rédacteur en chef a depuis fui le pays.
Novembre 2005
La station de Banjul de la radio sénégalaise de la radio Sud Fm a été fermée après avoir diffusé un reportage sur une réunion de négociation sur un incident survenu à la frontière entre la Gambie et le Sénégal. Peu d'heures après la diffusion du reportage, la police a saisi la licence de la station, a demandé au personnel de sortir et a fermé les portes à clef. La radio a été accusée de diffuser des messages susceptibles de créer la confusion entre les deux pays. La station est toujours fermée.
16 Décembre 2004
Le directeur de publication et cofondateur du journal The Point, Deyda Hydara a été brutalement tué après que trois balles aient été tirées dans la roue de sa voiture juste à quelque mètres d'un poste de police. L’assassinat de Hydara a coïncidé avec le 13ème anniversaire de la création de The point. Les deux autres agents de The point qui étaient dans la voiture de Hydara durant l’incident - Nyansarang Jobe et Ida Jagne – ont été grièvement blessées. Nyansarang a reçu une balle dans la jambe tandis qu'Ida a eu de graves contusions.
Août 2004
La maison du correspondant de la BBC à Banjul, Ebrima Sillah, située à Jambur à environ 24 kilomètres de la capitale gambienne a été attaquée par des pyromanes. Ils ont forcé une fenêtre du salon, ont versé du carburant sur le plancher et y ont mis le feu. Sillah a dû s'échapper par une fenêtre mais tout dans la maison a été réduit en cendres, y compris un ordinateur portable qui lui a été donné par la BBC.
Avril 2004
Six hommes masqués armés ont menacé avec leurs armes les agents de l’imprimerie du journal The Indepdendent. Ils ont versé du carburant dans la nouvelle imprimante du journal et y ont mis du feu. Pendant la débandade de 3 heures du matin, certains agents de The Independent ont été gravement blessés. Les pyromanes ont laissé derrière eux un pistolet, qui a été remis à la police. Deux d’entre eux, le Caporal Sana Manjang et Shérif Guissey (tous deux soldats de la garde nationale) ont été cités au parlement comme commanditaires. Le gouvernement est resté muet sur la question si bien que les suspects n’ont ni été arrêtés, ni poursuivis.
Octobre 2003

Un groupe d’individus dans un pick up vert, (habituellement utilisé par les agents du gouvernement) sans plaques minéralogique a rendu une visite inopinée au siège du journal The Independent à minuit et a attaqué le gardien avec une barre de fer, l’a pulvérisé avec du gaz lacrymogène et a versé du carburant sur les câbles électriques avant d’y mettre le feu.
Août 2001
Un groupe d’individus non identifiées se sont rendus à Radio 1 FM aux alentours de 3 heures du matin. Après avoir éloigné les personnes à proximité, ils ont attaqué le gardien et le propriétaire avant de les pulvériser avec du gaz lacrymogène. Ils ont ensuite versé 22 litres de carburant sur les portes principales des studios et les ont enflammées. Peu de jours plus tard, Alieu Bah, un journaliste de la station a échappé à un assassinat, quand des pyromanes ont verrouillé la porte de sa maison et y ont mis le feu après avoir versé des litres de carburant. L’attaque qui s'est produite à 3 heures du matin a surpris M. Bah et sa famille qui dormaient dans leur maison.
10 Avril 2000
Omar Barrow, un journaliste travaillant avec la station de Gambie de la radio sénégalaise Sud FM a été brutalement atteint par balle et tué lorsqu’il couvrait une manifestation d’étudiants. Omar a été tué dans les locaux de la Croix Rouge Internationale, alors qu’il portait son gilet de volontaire de la Croix Rouge.

Il a été spécifiquement visé par les forces de sécurité gambiennes en raison de ses reportages en direct sur la brutalité des forces de sécurité sur les étudiants. Les meurtriers d'Omar sont encore en liberté.
5 Février 1998
La radio Citizen FM, propriété du journaliste vétéran Baboucarr Gaye a été arbitrairement fermée par les autorités pour avoir diffusé des informations sur des malversations dans le cercle des services secrets gambiens, National Intelligence Agency (NIA). M. Gaye et le rédacteur en chef de Citizen FM, Ebrima Sillah ont été arrêtés et détenus avant que la radio soit elle, fermée. Le gouvernement a justifié cette fermeture par un communiqué de presse laconique accusant M. Gaye d’émettre sans autorisation. M. Gaye a plus tard été poursuivi en justice, accusé d’avoir violé une loi sur les télécommunications appelée Telegraphic Act, datant de 1913. La cour ne s'est pas arrêtée à lui infliger l'amende de 30 dollars américains mais a également confisqué l'équipement de la station pour le remettre à l'état.
En 2000, la radio a rouvert après deux ans de fermeture. Après à peine une année d’activité elle a été fermée à nouveau. Le seul crime de la station était de diffuser les résultats des élections directement des zones de comptage des voix. Depuis lors Citizen FM et sa publication sœur, le journal New Citizen demeurent fermés.

Dernière mise à jour : 28 octobre 2009