15 septembre 2009
La FIJ demande l’ouverture d’une enquête suite aux menaces de mort contre trois femmes journalistes en République Démocratique du Congo
La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd’hui les menaces de mort proférées à l’encontre de Delphie Namuto et Caddy Adzuba de la radio onusienne Radio Okapi et Jolly Kamuntu de la Radio Maendeleo à Bukavu, capitale de la province du Sud Kivu, toutes citées dans un message SMS circulant depuis mercredi dernier.
«Ces menaces contre des femmes respectées et actives sur le plan professionnel sont inacceptables», a déclaré Gabriel Baglo, Directeur du Bureau Afrique de la FIJ. «Ce qui nous inquiète, c’est que les journalistes sont prises pour cible depuis longtemps mais rien n’est fait pour assurer leur sécurité dans cette partie du pays», a-t-il ajouté.
Le 5 septembre, Kadi Adzuba avait déjà reçu des appels anonymes menaçants. Le 9 septembre, Kadi Adzuba et Delphine Namuto, toutes deux journalistes à Radio Okapi, et Jolly Kamuntu, journaliste à la station privée Radio Maendeleo, ont été personnellement visées, par un SMS provenant du numéro 08 13 753 026 (opérateur Vodacom). Le message écrit en swahili mentionne, "Vous avez pris la mauvaise habitude de vous immiscer dans ce qui ne vous regarde pas pour montrer que vous êtes intouchables, maintenant certaines d’entre vous vont mourir pour que vous la boucliez. Nous venons d’avoir l’autorisation de commencer par Kadi, puis Kamuntu puis Namuto : une balle dans la tête".
Devant la persistance des menaces, Le 12 septembre, Jolly Kamuntu, de Radio Maendeleo a déposé une plainte contre X auprès du Procureur général de la République à Bukavu, de même, que l’Association des femmes des médias (AFEM) du Sud-Kivu, l’Union Nationale de la Presse Congolaise (UNPC) affiliée à la FIJ, et le Réseau des radios et télévisions communautaires de L’Est du Congo (RATECO). Jolly a également averti l’auditorat militaire du Sud-Kivu car les menaces dont elle est victime font état de l’utilisation possible d’une arme à feu.
Le 23 août 2009, Bruno Koko Chirambiza, présentateur à la station privée Radio Star, a été assassiné par des inconnus alors qu’il revenait d’un mariage et jusqu’à présent, on ne dispose pas d’éléments permettant de se faire une idée sur les circonstances de son meurtre.
La FIJ demande aux autorités congolaises d’ouvrir sans tarder une enquête en s’appuyant sur des indices déjà disponibles pour identifier et punir les auteurs de ces menaces. Elle appelle également les autorités du Sud Kivu à prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des femmes ciblées et de tous les journalistes opérant à Bukavu.
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La FIJ représente plus de 600.000 journalistes dans 123 pays dans le monde entier.
République Démocratique du Congo, Afrique Centrale, Afrique, Communiqué de presse
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